DECOUVRIR CARAMAN/L'HISTOIRE

L'HISTOIRE

    CARAMAN, cité médiévale   

CARAMAN, cité médiévale

Au XIV° siècle, à l’époque les bastides comme REVEL sortent à peine de la forêt de VAURE, la cité de CARAMAN a déjà la forme actuelle : un gros village fortifié en cercles concentriques autour de son château, avec des portes, des fossés, des lices, des murailles.

Les fossés, les lices et les murailles

Les derniers fossés sont devenus les boulevards du Tour de Ville. Ils sont surplombés d’un chemin de ronde appelé les lices, espace vert public où avaient lieu des manifestations comme les tournois. Cet anneau de verdure est encore apparent sous la forme de terrasses et jardins suspendus à 2 ou 3 mètres sur tout le tour de ville.
Les murailles anciennes sont encore bien visibles à l’ouest de la ville, elles sont en briques foraines rouges.

Les portes et les places fortes

Pour rentrer dans la cité médiévale, trois portes sont mentionnées dans les textes, la « porte de Montbel » au sud donne accès à la route menant vers Baziège et la grande voie d’Aquitaine.
Les Moulins de Montbel sont situés à une centaine de mètres de la porte.

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La «porte de l’Aigle» au nord donne accès au chemin de Loubens et aux moulins de la Lande. Enfin la «Vieille porte de Toulouse» à l’ouest donne accès à la capitale provinciale par un «grand chemin» proche de la départementale actuelle. Le système de défense est constitué du «Ravelin » (actuellement monument aux morts) et la « plate forme » (le castellas).
Le Ravelin est un espace aménagé sur la terre transportée, sorte de rempart avancé protégeant l’entrée principale. Il devait être protégé par une palissade où un mur crenelé et abritait, comme la plate forme, une petite garnison de « gens d’armes ».
Quand aux vieilles maisons, à l’intérieur de l’enceinte, aux magnifiques façades de briques et colombage, elles nous donnent l’image exacte de la cité à la fin du Moyen Age.

    CARAMAN et la route du sel   

CARAMAN et la route du sel

Un texte de l’Abbaye de St-Sernin, daté de 1005-1010, nous apprend que les seigneurs de Caraman contrôlaient le trafic du sel entre Soual et Toulouse et qu’ils y mettaient même beaucoup d’embûches ; par exemple on ne pouvait passer à Caraman que le jeudi, vendredi et samedi, sinon il fallait attendre.

Le sel provenait de la région de Sète puis par Béziers, la vallée du Thoré et Caraman était acheminé à dos d’âne jusqu’à Toulouse.

Des noms de quartiers, comme « Salères », « Sanayre » pourrait bien évoqué la présence de grenier à sel et expliquer par les redevances perçues l’immense fortune des seigneurs de Caraman de l’an mille.

Cette voie du transit du sel devait exister depuis des millénaires. Nous pouvons même penser que le village de Caraman est naît à un carrefour ou à un lieu de rupture de charge sur la route du sel.

Nous pouvons imaginer que les caravanes arrivaient à Caraman chargées de sel et repartaient vers la Méditerranée, chargées de blé et de salaison.

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Les marchés de Caraman étaient donc nés, il y a au moins 1200 ans, ce qui confirmerait (à défaut de texte) la tradition populaire de la fondation de Caraman par Charlemagne.

Comme à l’accoutumée, Caraman info laisse à Guy Salles, Historien local toute liberté d’interprétation des documents historiques.

    Sur les chemins de SAINT-JACQUES de COMPOSTELLE   

Sur les chemins de SAINT-JACQUES de COMPOSTELLE

CARAMAN a certainement plus d’un millénaire d’existence et sans le savoir nous marchons sur l’histoire à chaque coin de rue.
Alors pourquoi le chemin de St Jacques de Compostelle ne serait-il pas passé par CARAMAN ?
Nous allons voir qu’il suffisait de chercher un peu et de regarder autour de nous.
Mais d’abord un petit retour sur l’histoire de St Jacques de Compostelle.

St Jacques le Majeur était un des 12 apôtres et un des plus proche de Jésus. Chaque Apôtre fut chargé de l’évangélisation du pays. Pierre se rendit à ROME, Jacques en ANDALOUSIE et en GALICE au Nord de l’Espagne. De retour à JERUSALEM, il fut martyrisé par le roi Hérode AGIPPA en 44, puis décapité.

Ses disciples Théodore et ANASTHASE ramenèrent en bateau sa dépouille en GALICE où il fut inhumé. Les invasions successives du Nord de l’Espagne par les Wisigoths et les Sarrasins ruinent sa nécropole qui est perdue pendant quelques siècles.

En l’an 813, un moine ermite PELAYUS eut l’attention attirée par une étoile miraculeuse au dessus d’un champ : ce fut le champ de l’étoile, en espagnol CAMPO - ESTELLA devenu Compostelle. C’est dans ce champ que fut retrouvé le tombeau de l’Apôtre.

L’Histoire et la renommée du tombeau de St Jacques de Compostelle furent immenses et les pèlerins innombrables durant tout le Moyen – Age. Le premier pèlerin connu par les textes fut l’Evêque du Puy GOSTESCALC qui fit le voyage à St Jacques en 951. Il y a donc quelques 1000 ans, mais n’oublions pas qu’on allait déjà en pèlerinage à ROME ou à JERUSALEM.

Or il se trouve qu’en ce temps là, JERUSALEM est occupé par les infidèles. Tous les pèlerins d’Europe se dirigent donc vers St Jacques créant les fameux chemins de pèlerinage dont le premier fut celui du Puy en VELAY ; Le second et le plus important est celui d’ARLES qui regroupe les pèlerin venant d’Allemagne par la Vallée du Rhône et de l’Italie. Ces chemins se réunissent pour passer les Pyrénées à RONCEVAUX ou au Col du SOMPORT ; Un seul chemin conduit ensuite à Compostelle dénommé le CAMINO FRANCES

Le chemin d’ARLES à TOULOUSE s’appelle la voie ARELATENSIS ou chemin des provençaux. Celui de Toulouse à Roncevaux, la voie TOLOSANE. Le chemin d’Arles passe par St Gilles, St Guilhem le désert, Castres,….Caraman et Toulouse.

Nous revoilà à Caraman, mais sur quels indices ?
Tout d’abord un texte daté de 1005-1010 rédigé lors du concile de Toulouse, dit que les Seigneurs de Caraman abusaient de leur pouvoirs, notamment en génant la circulation et le commerce du sel sur le chemin de Soual à Toulouse . Ce texte prouve la réalité du chemin entre Castres, Soual , Caraman et Toulouse .

D’autre part des textes de Caraman du XV° siècle mentionnent un hôpital St Jacques hors des murs, une chapelle et son cimetière. On notera que le cimetière existe toujours et qu’il s’appelle Saint-James l’équivalent de Jacques en langue romane.
Les Hôtels Dieu St Jacques étaient des gîtes d’étapes pour le pèlerins , situés hors des murs pour des raisons de santé publique (épidémies) et aussi parce que les portes de la ville étaient fermées la nuit, ce qui laisse supposer que les hôtels Dieu ne l’étaient pas.

Voilà pour le passé. Et si maintenant on parlait de l’avenir ?
Le Conseil de l’Europe a décidé il y a quelques années de remettre en valeur les chemins de St Jacques de Compostelle, formidables voies culturelles de l’intégration européenne. De multiples associations Jacquaires ont emboîté le pas ainsi que les Conseil Régionaux de Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Provence Alpes Côte d’Azur et des pays comme la Suisse, La Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

Un dossier a d’ailleurs été déposé auprès de l’UNESCO en vue de l’inscription des Chemins de St Jacques au patrimoine mondial de l’Humanité. Les motivations des pèlerins sont toujours bien sûr spirituelles, incluant la recherche de repères, la volonté d’aller au bout de soi-même mais aussi à travers la randonnée la découverte du pays, des paysages, du patrimoine, des chapelles romanes, des petites églises…
Un chemin qui se parcourt à pied, chacun suivant son rythme.