DECOUVRIR CARAMAN/LE PATRIMOINE DE LA VILLE

    l’Eglise de CARAMAN   

l’Eglise de CARAMAN

CARAMAN a connu en 110 ans, de 1795 à 1905, deux églises et trois clochers.
Le 11 décembre 2005 a été fêté le centenaire de l’église de la commune, église qui fut consacrée en 1905.
Mais pourquoi une église à peine centenaire pour CARAMAN  alors qu’il est certain qu’il y a eu, une et même plusieurs églises à certaines périodes, sur le territoire communal ?

Avant 1789, CARAMAN possédait une église, sur l’emplacement de l’actuelle avec un clocher mur typique du Lauragais, comme beaucoup de villages des environs. En 1794, un arrêté de MALLARME, représentant du peuple au département, précipite la déchristianisation en ordonnant la démolition des chapelles qui n’étaient pas église principale, mais aussi la démolition des clochers : En effet, «  Au nom de l’égalité des cultes, il exige que les églises soient mises au même niveau que les autres édifices, sans proéminence ». Le 19 mai 1795, le clocher de Caraman est démoli et les matériaux vendus pour la somme de 146 livres.

Dessin d’ Eugène De Malbosc vers 1840

En mai 1866, 71 ans plus tard, le conseil municipal vote les crédits nécessaires à la construction d’un nouveau clocher. Les travaux du beffroi et de l’escalier conduisant à la galerie du clocher de l’église sont réceptionnés en juillet 1867.
C’est ce clocher avec galerie, moins haut que l’actuel, que l’on retrouve sur la carte postale du début du XX° siècle. Les arceaux de part et d’autre du clocher, seront construits par la suite.

C’est d’ailleurs dans cette même période que l’on trouve trace de la démolition du vieux château qui « présentait un danger pour les habitants et les enfants  qui font jeu de pénétrer dans l’intérieur par les ouvertures donnant accès soit aux souterrains, soit aux étages supérieurs du château »

On trouve trace aussi en mai 1878, à peine dix ans après la construction du nouveau clocher, de travaux de réparation à la flèche du clocher. Faut-il y voir un signe précurseur ?

Apparemment, le conseil municipal est déjà conscient de la nécessité de procéder à de très gros travaux au niveau de l’église.

En effet, sur les budgets communaux, de 1887 à 1897, une somme de 2400 F est chaque année mise en réserve pour être affectée à la reconstruction de l’église.

En septembre 1896, Monsieur TRAZIT, Maire, rend compte au conseil des démarches effectuées auprès du Conseil de fabrique (l’actuel conseil paroissial) à effet de s’entendre sur les voies et les moyens pour arriver à la reconstruction de l’église ou tout au moins à une importante restauration. La démarche faite par M.le maire ayant été favorablement accueillie par le conseil de fabrique, il est résolu de lancer l’étude d’un projet de reconstruction et de confier le projet à M. THILLET, architecte départemental.

Mais pourquoi fallait-il reconstruire cette église de CARAMAN qui venait à peine de retrouver un clocher ? Plusieurs hypothèses ont été soulevées ……On peut éliminer l’hypothèse de l’incendie, car aucun document n’en fait état. Les mouvements de terrain, la fragilité de l’édifice sont deux hypothèses que confirment des délibérations du conseil municipal.

La délibération du 21 février 1897 fut prise en cas d’urgence « par suite des pluies persistantes de cet hiver, le mur de soutènement de la chaussée de l’église s’est écroulé dans sa partie haute, sur une longueur de 29 mètres environ, entraînant dans sa chute la Chaussée de la rue Notre Dame et rendant la circulation impossible.

Le 18 octobre 1897, huit mois après cet écroulement, M le Maire met à l’ordre du jour la reconstruction de l’église, expliquant :
« Depuis de longues années, la population exprime ses doléances sur l’état de vétusté et de délabrement dans lequel se trouve cet édifice, qui comprend des murs insuffisants pour supporter une voûte, un vieux couvert, un plancher mal joint et vermoulu abritant à peine contre les intempéries les habitants de la commune réunis dans son enceinte. Il expose : « que le caractère d’urgence que revêt la construction remonte à une époque éloignée. Depuis plus de vingt ans, le conseil de fabrique travaille par ses économies à former un capital qui doit augmenter les ressources communales, et le conseil municipal à son tour, en prévision de cet important travail à exécuter a créé des taxes municipales… »

C’est ce 18 octobre 1897, que le conseil, à l’unanimité moins une abstention, décide de reconstruire l’église suivant les plans et devis qui lui ont été présentés.
L’église que nous connaissons aujourd’hui, où l’on retrouve des éléments de l’église précédente, comme la Sainte Table par exemple. Cette église fut solennellement ouverte au culte le 30 avril 1905

De 1897 à 1905, 8 ans d’études, de travaux; Avec les problèmes et soucis inhérents à tout chantier. (Comme de nos jours) Les lots de maçonnerie, charpente et plâtrerie mis en adjudication en juillet 1901 furent attribués en mars 1903.
On peut donc supposer que les travaux ont débuté au cours de l’été 1903. Une question revient souvent dans les comptes-rendus des conseils municipaux de l’époque présidés par M. TRAZIT d’abord, puis remplacé à son décès par M.Auguste VILESPY. « Avec quelles ressources  construire ce monument?  » Fonds propres de la commune, Don de la fabrique, souscription, subventions du département et de l’Etat … sont les principales possibilités envisagées pour couvrir les travaux estimés à 107 000 francs.

A noter, juste quelques années avant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que l’église de CARAMAN reçut le 22 avril 1900 une subvention de 8000 F du Ministre des Cultes.

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Plusieurs délibérations, jusqu’en juin 1906, évoquent ces difficultés financières et les emprunts que dut contracter la commune pour solder le décompte général qui s’est élevé à 113.278,16 francs. (Emprunt que la commune décida d’amortir en 30 ans moyennant une imposition extraordinaire additionnelle aux quatre taxes communales, pendant 30 ans).
En 1905, les paroissiens retrouvaient une église, mais pas tout à fait celle que nous connaissons actuellement

Plusieurs modifications furent apportées à l’intérieur, particulièrement à l’initiative de l’abbé DEJEAN :
-en 1930, il choisit de faire effectuer les peintures murales que nous connaissons et de «  je le cite », » remplacer au sanctuaire le trop modeste et provisoire coffre de bois blanc par un autel monumental moins indigne du saint sacrifice ».
Les années ont passé…fidèles, prêtres et élus se sont succédés, apportant chacun à ce bâtiment une attention toute particulière.
Lieu de prière pour les uns, simple édifice architectural pour d’autres, son clocher de près de 47 mètres surmonté de la croix est le point culminant du Lauragais.

Point de repère spirituel, élément du patrimoine, l’église marque l’identité caramanaise. Elle attire l’attention non seulement de chaque caramanais, mais aussi des habitants du Lauragais, qu’ils soient croyants, non croyants.

Et c’est bien pour cela, qu’après la messe solennelle concélébrée par l’abbé DUCLOS (curé de la paroisse), l’abbé BAYSSAC (son prédécesseur), l’abbé ESTEBE (prêtre revenu dans sa commune d’origine pour sa retraite) et l’abbé VIALLELE (venu en voisin), animée par la chorale paroissiale et l’harmonie Sainte Cécile en présence d’une nombreuse assistance, les cloches ont sonné à toute volée.

    La fontaine de Rolle   

La fontaine de Rolle. L’eau, ce bien précieux

La ressource en eau à CARAMAN en ….1882
CARAMAN est un château d’eau, entouré de sources et de fontaines, à peu près au même niveau topographique: la fontaine Guilhem Arnaud ( au lavoir, sous les HLM de la gare), la source du Téoulé (en dessous de la station d’épuration) , la fontaine du Buguet ( à l’extrémité du lac de l’Orme Blanc, à l’opposé de la digue), et la fontaine de Rolle (photo ci-dessous).

L’eau du Téoulé coûtait plus cher à la cruche que les autres, car la source était la plus éloignée de la ville.

La fontaine de Rolle était la plus proche et semble t-il la plus abondante. C’est cette fontaine que le conseil municipal va choisir le 18 mai 1879 pour alimenter en eau les bornes fontaines de la ville.

Les ingénieurs du service hydraulique déposent les plans qui seront acceptés par le conseil le 19 juin 1880.

L’étude prévoit « la distribution de 10 000 litres d’eau potable journellement à la population, composée de 1000 âmes, par quatre bornes fontaines placées aux principaux quartiers de la ville et situées en contrebas du bassin supérieur du Castelat ».

Une machine à vapeur de 3 chevaux, manœuvrée par un agent municipal, vaincra le dénivelé pour le remplissage du bassin. La dépense sera couverte par un emprunt de 28 000 F au taux de 5% souscrit auprès du Crédit Foncier de France, remboursable en 50 annuités de 1400 F l’une à compter du 1 janvier 1882.

A l’intérieur de la fontaine de Rolle,rénovée par l’association de Chasse.

La machine à vapeur qui sera électrifiée dans les années 1930 montera l’eau régulièrement vers les fontaines, jusque dans les années 1960 où l’excellente eau de la Montagne Noire arrivera au robinet, porte à porte.
La machine de Rolle et le réservoir du Castelat existent toujours et appartiennent à la commune.

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Et de nos jours?
La fontaine de Rolle est toujours utilisée pour arroser la pelouse du terrain de sports, mais guère davantage. Elle ne pourrait fournir les 10 000 litres d’eau (10 m3) quotidiens qu’elle assurait au village en 1880.
A titre de comparaison, il faut savoir que la consommation en eau sur l’ensemble de la commune d’octobre 2001 à novembre 2002 s’est élevée à 127 800m 3.